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Une balance romaine

Le 28 octobre 2018

La balance romaine,

Est Cambrésis

Par Gérard LENOBLE et Pierre LEMAITRE

Lorsque le soc d’une charrue retourne la terre, le cultivateur y voit bien sûr une promesse de revenu, mais l’archéologue, avec un peu de chance et grâce à son œil averti, peut découvrir tout un « pan » d’histoire. Dans le Cambrésis, il n’est pas rare de trouver dans un champ ou un chantier, un objet qui ressort du passé et interpelle l’historien. Celui qui a attiré notre attention est un fléau de balance dite « romaine » encore muni de son crochet de suspension mais privé de certains articles.

Datation archéologique - Circonstances de la découverte

Le Cambrésis possède un riche passé archéologique.

La période gallo-romaine est particulièrement bien représentée. La campagne fertile est parsemée d'établissements ruraux de tailles variables, allant de petites constructions de quelques mètres carrés à de vastes ensembles s'étendant sur plusieurs hectares.

Elles font parfois suite à des implantations plus anciennes du type de fermes de la fin de la Tène.

Nos prospections se sont portées depuis plusieurs décennies sur l'est du Cambrésis et plus particulièrement sur le secteur de l'ancien canton de Carnières et de ses environs proches.

De nombreux témoignages ont pu être glanés en surface. La plupart d'entre eux ont fait l’objet d’études et ont été publiés.

Lors de prospections visuelles de surface sur l'un de ces établissements antiques, nous avons pu découvrir ce bras de balance romaine gradué, qui fera l'objet des lignes qui vont suivre.

Il s'agit donc d'un vaste ensemble de constructions situées en pleine campagne à environ 7 km à l'est de Cambrai. Elles ont été implantées en bordure d'un axe routier très ancien (probablement pré-romain) orienté est-ouest.

Ce site faisant l'objet de prospections au détecteur non autorisées nous impose de rester volontairement évasifs quant aux coordonnées exactes.

La première occupation de cet ensemble peut être datée de la fin du 1er siècle de notre ère avec un terminus au milieu du Ve siècle.

Le mobilier de surface est abondant. En revanche, la céramique dite de luxe comme la sigillée est peu abondante. La céramique commune, bien représentée, se compose des types classiques de notre région et de la Nervie.

Aucune monnaie ou fibule antérieures au 1er siècle n'ont été découvertes sur ce site.

Les substructions sur lesquelles fut découverte la balance évoquent une datation plutôt du IVe siècle (monnaies des Constantin et de Maximilien Hercule).

La balance était en surface ramenée par des labours un peu plus profonds qu'à l'habitude, à l'emplacement même d'un bâtiment (pièce d’habitation ?). La découverte a été faite en bordure d'un chemin perpendiculaire à la voie ancienne mentionnée plus haut.

Était-ce un second axe de circulation propice au commerce ?

- Le contexte archéologique oriente la datation de la balance au début du IVe siècle – Elle est à double portée.

Usage de la balance

Compte-tenu de la taille de la balance, sa destination ne pouvait être envisagée que pour la pesée d'objets de poids (ou plutôt de masses) réduit(e)s. La suite de l'étude nous orientera vers cette hypothèse. La vérification du poids des monnaies peut être envisagée.

L'étude des deux graduations que porte le bras devrait nous permettre d'affiner la vocation réelle de cet « appareil » de mesure.

Démarche scientifique

Le fléau comporte deux graduations complémentaires (de 0 à 7 unités et de 8 à 30 unités de masse)

La question est donc de savoir de quelle unité il s'agit.

Malgré l'absence du plateau, du peson curseur et d'un crochet, l'examen de l'objet a permis d'isoler les paramètres nécessaires à l'étude (masses, poids et longueurs). Ainsi, il a été possible, grâce aux calculs relatifs aux moments de force, de déduire l'unité utilisée.

Dans le tome 116 de la SEC, les auteurs émettent alors l'hypothèse que la valeur d'une division correspond à une fraction égale aux 9/12 de la sextula (environ 3,40 g). Autrement dit, les graduations indiquent plutôt un nombre d'objets identiques qu'une masse (ou poids), par exemple des pièces de monnaie.

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