Louise de Bettignies

Conférence de Pierre Pavy

Le jeudi 23 octobre 2025

Si je parle aux nouvelles générations cambrésiennes de la « Jeanne d’Arc du Nord », cela éveille-t-il leur attention ? La réponse est souvent négative.

Par contre, si je cite mademoiselle Louise de Bettignies, ce nom leur dit quelque chose, peut-être le nom d’un lycée, d’un collège, d’une rue ou d’un atelier de défense.

Et pourtant que dit-on de cette grande Dame ?

En vérité, peu de chose sinon qu’elle est décédée le 27 septembre 1918 dans les griffes de notre ennemi d’hier, l’Allemagne.

Née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux, Louise de Bettignies est la 7ème enfant d’une famille nombreuse de 9 enfants. Ses parents, Henri de Bettignies son père et Julienne Mabille de Poncheville sa mère sont de petite noblesse et possède à Saint-Amand-les-Eaux une entreprise de faïence et céramique.

La jeunesse et la scolarité de Louise se fera donc dans le Valenciennois, puis en Grande Bretagne.

En 1906, âgée de 26 ans, Louise, après le décès de son papa, décide de voler de ses propres ailes et devient préceptrice dans de riches familles italiennes et austro-hongroises.

En 1914, la guerre arrive à grands pas et, le 12 octobre, la ville de Lille est investie par les Allemands. Commence alors une période très douloureuse pour les populations demeurées sous le joug de l’ennemi.

Déterminée, intrépide, Louise entrera en 1915 dans un réseau de renseignement dont elle prendra la direction. Son action, grâce à son réseau Rumble ou Alice, sera déterminante en causant le plus de torts possibles aux Allemands.

Cependant le destin veille et le 20 octobre 1915, Louise est arrêtée à Froyennes (Belgique) aux portes de Tournai.

Commencent dès lors 3 années de captivité où les coups, les mauvais traitements, les privations et les tentatives d’humiliation seront monnaies courantes.

Pourtant, malgré cette adversité, Louise fera preuve de courage, d’abnégation, tentant sans relâche, d’apporter aide et réconfort à ses « sœurs de larmes ».

Malheureusement, en décembre 1916, pour le refus de fabriquer du matériel pour l’adversaire, son calvaire va prendre une autre dimension.

Le directeur de la prison de Siegburg, à côté de Bonn, va reporter sur elle toute sa hargne et sa méchanceté. Le traitement subi sera inhumain, 48 heures dans un cachot de 1,40m sur 1,40m sans vêtements chauds pour la protéger du froid.

La santé de Louise n’y résistera pas.

Fin 1917 et début 1918, elle   développe une tumeur dans son côté droit.

Le directeur de la prison, malgré ses supplications, sa souffrance, refuse dans un premier temps de la faire soigner.

Néanmoins, le 18 avril 1918, il revient sur sa décision à condition que l’opération se fasse au sein même de la prison.

L’opération se fera dans des conditions effroyables, sans désinfectant, dans une salle non nettoyée.

Dès lors ; les jours de Louise sont comptés.

Elle garde néanmoins bon espoir d’être transférée en Suisse, eu égard à son état de santé, où elle pourra à nouveau embrasser sa maman.

Peine perdue, la maladie a pris le dessus. Le vendredi 27 septembre 1918 à l’hôpital Sainte-Marie-de-Cologne, Louise remet dans un dernier souffle son âme au bon Dieu qu’elle aime, pour un monde que l’on dit meilleur.