Émile FLAMANT - Le chemin de Croix

Exposé de Pierre LEMAÎTRE
Maison FALLEUR
Jeudi 26 octobre 2023

L’Institution Notre-Dame de Grâce

Cet établissement scolaire, sis Boulevard de la Liberté, est bien connu des Cambrésiens. Sa façade altière attire le regard par son architecture bien équilibrée et agréable à regarder. Sa construction date du début du XXe siècle, juste après le démantèlement des fortifications de la ville. C’est d’ailleurs sur les terrains libérés par les murailles que l’édifice a été érigé. Une restructuration achevée en 2011 a fait évoluer l’organisation pédagogique de plusieurs établissements, Notre-Dame, La Sagesse et Jeanne d’Arc.

Le bâtiment Notre Dame a la forme d’un pentagone situé entre la route de Paris et la rue Bertrand Milcent. Un axe de symétrie partage la forme en deux parties occupées par un théâtre et une chapelle. Une sacristie spacieuse sépare les deux constructions, laissant toutefois des passages entre les deux édifices.

La chapelle

Elle est très grande, à l’égal de certaines églises de villages et l’oeil est de suite attiré par les vitraux offerts par les parents des élèves au moment de la construction.

Ce ne sont pourtant pas eux qui attirent notre attention dans cet article, mais plutôt, l’absence d’une oeuvre réalisée en 1934 et dont il ne reste aujourd’hui qu’un jeu de cartes postales. C’est en effet le seul témoin de l’existence d’une fresque, grandeur nature, représentant un Chemin de Croix.

Les cartes postales

Elles ont été réalisées par Monsieur Delcroix, photographe cambrésien très connu.

Nos recherches ont toutefois permis de répertorier les quatorze cartes, représentant chacune une station du Chemin de Croix subi par le Christ.

Des photographies de l’intérieur de la chapelle avant et après la création de l’oeuvre, présentes dans les albums de photos de classes des années 1900 à 1940

Monsieur Jacques Cassel de Tincourt Boucly, alors élève à Notre-Dame dans les années 1930, nous apprend que le fresquiste n’était autre qu’Émile Flamant, le peintre qui a décoré les murs de la salle des mariages de l’hôtel de ville de Cambrai

« Tous les matins, nous nous rendions à l’office. Un jour, nous avons remarqué un dépôt de chaux encore fraîche sur un mur entre deux piliers. Le lendemain, la surface était en partie décorée. Peu à peu nous avons découvert que l’artiste représentait une scène du Chemin de Croix sobrement coloré et agrémenté d’expressions en latin. L’apprentissage de cette langue nous a permis de comprendre la signification de ces phrases. Elles étaient toutes extraites de l’Ancien et du Nouveau Testaments. »

Quelques semaines plus tard, l’oeuvre était terminée, elle nous est apparue gigantesque. Chaque tableau occupait une surface de 2,5 m sur 2 m. Souvent, il y avait deux stations par travée. Elles sont toutes numérotées et « coiffées » d’une croix, symbole des Chrétiens.

« Nous avions parfois l’autorisation, après la messe, de regarder le peintre commencer son travail après avoir remercié la personne d’entretien de l’établissement qui avait enduit le mur, tôt le matin… »

Le terme « fresque » est d’ailleurs issu de « frais ». En effet, le mur était au préalable enduit de chaux fraîche avant d’être de suite, avant séchage complet, décoré par l’artiste fresquiste. Ainsi travaillait Émile Flamant.

Fresques de la chapelle Saint-Luc à Cambrai