Les Nerviens à Cambrai

Le 25 janvier 2018

Jean Denis Dancourt

Le docteur Jean-Denis Dancourt a présenté le 25 janvier 2018 la 1ère partie de sa conférence sur l’histoire des Nerviens à Cambrai.

Il les a resitués dans un contexte géographique et historique à l’échelle européenne. Ce sont des belges mais il faut les considérer dans un ensemble humain plus vaste et cesser de les séparer trop nettement des germains, voire des scandinaves. Tous sont des métallurgistes du fer. Ils s’opposent aux artisans romains du bronze. Ils ont rayonné depuis un foyer commun en Bohême. Ils ont gardé des rapports privilégiés qui pouvaient être d’entr’aide politique comme en témoigne la coalition d’Arioviste. Ils maintenaient des cultes communs: ainsi, ils convergeaient vers Stonehenge. Il faut d’ailleurs inclure la mer du Nord dans la vision du monde celtique de notre région. Les Atrébates se partageaient entre la Grande-Bretagne et l’Artois.

Lors du Bas Empire, s’est instaurée une anarchie qui a donné lieu aux efforts de Dioclétien pour restaurer l’ordre. Puis, le règne de Constantin apporta des donnes nouvelles unificatrices, notamment l’extension du christianisme.

Aussi bien dans notre région, le domaine nervien évoluait, Bavai cessant d’être le pôle au profit de Cambrai et de Tournai. La rivalité de Ragnacaire et de Clovis se profilait.

Suite de la communication de Jean-Denis Dancourt

sur les Celtes dans notre région

La guerre des Gaules est la dimension apparente d’un affrontement entre Romains pour se partager les dépouilles de la République et construire les éléments de domination sur l’état romain.

Un temps alliés Pompée et César sont maintenant engagés dans une lutte à mort. Pompée a mis la main directement ou indirectement sur tout l’est méditerranéen. César n’a plus qu’une carte possible : asseoir sa domination sur l’ensemble des Gaules.  Pompée mésestime le plan de César. Il ne pourra constater que trop tardivement la puissance de César.

 César est en train d’arriver à ses fins quand il tombe sous les coups des conjurés aux ides de mars 44. Son parti domine Rome et son territoire d’influence.  Mais ce parti se partage entre deux chefs : Marc-Antoine, fasciné par l’orient et l’Égypte, et Octave le neveu et fils adoptif de César, le futur Auguste, qui comprend que sa seule chance réside dans la domination des Gaules et le poids des légions qu’a réussi à y installer César. Au bout de dix ans Octavien « Auguste » reste le seul vainqueur, il a l’intelligence de paraître s’effacer devant la République restaurée. Mais il garde pour lui seul les nombreux pouvoirs que ses diverses magistratures lui avaient permis d’exercer. Il crée un nouveau système de pouvoir : le principat.

Le pouvoir qu’il garde sur les Gaules et celui qu’il développe sur Rome et toute l’Italie sont les bases de sa puissance. L’empire est en train de naître, encore « habillé » des magistratures républicaines ; ce nouveau régime va durer encore les deux siècles suivants jusqu’aux Sévères.

Avec les Sévères commence l’anarchie militaire pendant laquelle presque tous les empereurs ont été assassinés par leurs propres gardes. Il faut attendre les empereurs illyriens pour redresser la situation. Et spécialement Dioclétien qui va mettre en place un nouveau système : la tétrarchie. Mais le système fut bref. À la mort de Constance Chlore que Dioclétien avait nommé César pour la Bretagne, cette même armée acclamait Constantin pour succéder à son père.

Constantin a créé l’empire chrétien, mais ce n’est pas forcément ce que l’on imagine. C’est le jour de sa mort que Constantin a été baptisé. C’est lui qui a convoqué à Constantinople et présidé le premier concile œcuménique de la chrétienté, en l‘absence du pape resté à Rome. Il a organisé l’église en évêchés sur le modèle de l’empire, le siège des évêchés reprenant les sièges des anciennes tribus.

Les Nerviens sont historiquement des Belges ; une population marquée par leur voisinage avec des éléments celtes et d’autres germaniques et qui a l’habitude, en cas de danger, de se réfugier dans des marais. C’est bien le cas de Cambrai et de Tournai, et, de se déplacer en barque, c’est facile entre ces deux villes.

Le bas empire va être confronté avec des infiltrations germaniques qu’il va combattre avec force, amenant un regroupement général de la population germanique le long du Rhin, Francs et Alamans. Puis une évolution de cette politique l’amène à créer des supplétifs germaniques, spécialement chez les Francs, qu’il va utiliser dans la défense de la rive gauche du Rhin.

Clovis sur Tournai, Ragnacaire sur Cambrai représentent bien ces milices supplétives.

Ce sont ces forces armées et leur mainmise progressive sur la Gaule du nord qui vont amener la fin du bas empire et le passage au début du Moyen-âge.