Le 18 avril 2012
Pierre Lemaître
Naissance à Havricourt le 1er janvier 1858.
Père charron
Ecole des Frères de Cambrai et logé chez un oncle assez sévère.
Fuite et retour à la maison.
Bonnes études à Havrincourt.
Un cousin, le futur Supérieur de l’Institution Notre Dame de Cambrai, l’accueillit à Saint Amand au Collège Notre Dame des Anges.
Vocation : Petit Séminaire de Cambrai et non Arras (Influence du chanoine Foulon). Etudes brillantes.
Facultés catholiques de Lille. (1 an seulement)
Nommé Professeur à Notre Dame Cambrai en septembre 1878 pour un stage de 3 ans
Rue Saint Fiacre ! L’abbé Foulon est nommé Supérieur.
Grand Séminaire : octobre 1882 pour faire sa théologie.
Ordonné prêtre en le 29 juin 1885 et fut désigné Professeur (Maths, Physique, Chimie et Sciences Naturelles)
Première passion : la botanique :
Exposition d’un herbier au Concours agricole de Carnières : médaille d’honneur puis, quelques années plus tard, hors-concours.
1888 : membre du Comice Agricole (jury)
1891 : Membre de la Société Géologique du Nord.
1888 1897 : Publication dans le tome 44 de la Société d’Emulation de « la Flore du Cambrésis. Distribution géographique des espèces », et dans le 51, « Disparition de quelques plantes des fortifications de Cambrai ». – Caractère scientifique de la Société d’Emulation.
Nouveaux bâtiments de Notre Dame en 1901
Il fit prévoir deux salles spécialisées dans les sciences naturelles (collections, usage de microscopes, TP d’observations, vitrines – salles typiques des exigences de la pédagogie de l’époque – Evolution depuis).
Enseignant en classe mais aussi sur le terrain. Deuxième passion : la géologie
Après les plantes, il étudie les insectes et surtout la géologie.
Trouvaille de 1er ordre à Saint Druon : dans une carrière, mine de fossiles : os de rhinocéros, mammouths, équidés, spermophiles (sortes de marmottes).
En 1907, Il remit ses objets au musée Gosselet de Lille puis, en 1908, une collection unique de mollusques d’eau douce au Musée d’Histoire Naturelles.
Constitution de collections qui vont être classées. Insectes, oiseaux, fossiles …
De 1910 à 1932 : Organisation d’excursions dans le Cambrésis pour la Société Géologique.
Publications :
1909 : « Caractéristiques de la flore du département du Nord ».
1910 : « Promenades botaniques dans l’Avesnois ».
1912 : « Crustacés amphipodes des eaux douces de la Région du Nord ».
Guerre 14- 18
L’institution Notre Dame est occupée par les Allemands
Engagé comme infirmier bénévole – Les officiers allemands sont impressionnés par ses collections.
Les Allemands emportent des cartes (géologiques) auxquelles Joseph tenait.
Soupçonnés d’espionnage, les Professeurs sont priés de quitter Notre Dame.
Les collections sont préservées – mais emportées à Valenciennes – Difficultés de récupération.
Services paroissiaux : Ramillies, Masnières, Escaudoeuvres.
Aumônier d’un train sanitaire sur Valenciennes : le Dr Dancourt et lui ont été enfermés : 24h – 15 morts
Après guerre :
Retrouve Notre Dame
Chargé des œuvres de Sainte Elisabeth (Eglises dévastées)
Nommé chanoine en 1919
Nommé chanoine titulaire de la cathédrale en 1928.
Trois petites études. St Géry était à ciel ouvert – Les maisons de la place en ruine : – « Florule de nos ruines » – 127 plantes appartenaient à 32 familles
– « Colonies d’hélices méridionales installées dans le Cambrésis et ses limites ».
– Originaires du Midi et « colonisant » surtout les prés.
– « Destruction d’un monument mégalithique dans le Nord » –
– Arleux – détruit par Allemands en 04/18
1931 :
Vice président de la Société Géologique du Nord puis, Président.
50ème année de professorat – Repoussa les honneurs (pour son jubilé 50 ans en 1935)
Proposition de Légion d’Honneur (Décédé avant)
1932 :
Le Jeudi Saint, 24 mars 1932, Joseph Godon, meurt. Son décès ne fut constaté que le samedi.
Funérailles à la Cathédrale le 29 mars 1932. Chants exécutés par une chorale dirigée par E Dartus.
« Sur les fossiles du tuf calcaire de Moislains »
Quelques phrases de Professeur :
« L’homme est un fabricant de sucre » – Fonction glycogénique.
« Un cadavre est un laboratoire de vie ».
« Celui qui voyage sans regarder autour de soi voyage comme une oie ».
« Au Monomatopa, un professeur a été pendu pour avoir enseigné à l’aide d’un manuel ».
M. Barrois, doyen de la Faculté des Sciences de Lille disait de Joseph Godon :
« Comme Professeur, nous avions tous pour lui ici la plus haute estime, en raison de qualité de ses élèves : il a eu des élèves excellents, et en grand nombre, ce qui est donné à peu de professeurs, et ce qui est la meilleure mesure de leur valeur et de leur dévouement »
M. Pruvost (examinateur du baccalauréat – successeur de M Barrois) :
« Les qualités du Professeur Godon ? dit-il. Elles ont, je le soupçonne, été un peu méconnues de ceux mêmes qui auraient dû en tirer orgueil. Développer le sens de l’observation sur les objets eux-mêmes et pas dans les livres ». « D’ailleurs, au baccalauréat, on reconnaissait de loin ceux qui avaient été formés par lui ».
Résultats :
De merveilleuses collections …
Découverte d’une centaurée (bleuet) qu’il croyait unique et qui auarait été nommée « Centaurea Godoni » (non reconnue par le Museum de Paris).
Une petite grenouille gris clair piqueté de noir – le Pélodyte ponctué.
Ossements très concentrés de fossiles de Saint Druon. Animaux de l’époque quaternaire – rhinocéros, éléphants, cheval, bœuf, renne, chien, renard bleu, hyène, putois, belette. Les ossements d’éléphants et rhinocéros appartenaient à des formes éteintes, les autres ont migré vers les hautes altitudes. Les os de l’arctomys, de spermophile (marmotte) sont ceux d’animaux qui, aujourd’hui se trouvent dans les steppes d’Asie.
Parmi ces ossements, J Godon a découvert un silex taillé, de forme moustérienne, du paléolithique supérieur.
Il reste une référence encore aujourd’hui.
Il fut un homme bon, modeste, opiniâtre, passionné, dévoué … Le vrai champ de ses périgrinations était notre région, le Cambrésis et ses régions frontalières.