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Guillaume Dubois, un archevêque atypique

Jeudi 28 septembre 2023

Exposé de François Chabanon.

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Le diocèse de Cambrai n’a pu connaître son archevêque que de nom. En effet, et cela lui a été beaucoup reproché ; c’est un peu injuste car il n’a pas été le seul dans ce cas. Il faut se resituer dans le contexte de l’Eglise sous l’Ancien Régime et particulièrement à ces époques où le roi nommait aux fonctions et comme on le dit aux bénéfices ecclésiastiques, le pape pour des raisons souvent politiques n’avait que le choix d’entériner ces nominations.

Ce fut le cas de Guillaume Dubois, personnage complexe, assez peu connu de l’histoire de France sinon par le biais d’un ancien film où il est représenté comme un abbé incroyant, libertin, cynique, rusé, ambitieux bref un bien triste personnage.

La vérité historique est différente. Certes, Guillaume Dubois fut ambitieux et ne s’en cachait pas. Ayant acquis une promotion sociale fulgurante grâce à l’Eglise et surtout au système de ce XVIIIe siècle qui permettait de s’élever dans la société sans avoir aucune vocation sacerdotale, ce fils d’apothicaire intelligent, très travailleur, sut se faire une place en commençant par exercer le métier de précepteur d’un prince royal, le duc d’Orléans avant que celui-ci ne devienne le Régent du royaume à la mort de son oncle Louis XIV et écartant sans scrupule le duc du Maine, fils adultérin du roi et de Madame de Montespan, avec la protection de Madame de Maintenon, l’épouse du roi, qui l’avait élevé et choyé et en qui l’entourage du roi mettait tous ses espoirs alors que l’intéressé ne montrait pas de qualités particulières pour gouverner.

Guillaume Dubois sut se montrer un très bon éducateur de son élève au point de gagner sa sympathie et sa confiance ; il fut chargé de négociations avec l’Angleterre afin de conclure une paix durable dont les deux pays avaient bien besoin après avoir fait preuve de courage à la guerre aux côtés de son élève.

Malheureusement la réputation personnelle de Guillaume Dubois fut entachée durablement par le duc de Saint-Simon qui pourtant ne put le charger de participer à la vie dissolue du Duc d’Orléans, légende bien tenace transmise par l’histoire avec suffisamment de force pour qu’elle s’impose à la vérité.

En récompense de ces interventions diplomatiques, Dubois demanda aussi beaucoup à son maître et ancien élève : des honneurs, des fonctions élevées dans le gouvernement du pays. Rien ne lui fut refusé.

En 1721, il est nommé archevêque de Cambrai, diocèse très convoité, alors qu’il n’est même pas prêtre ; les circonstances feront qu’effectivement il ne viendra jamais prendre possession de son siège. Il convoita ensuite un fauteuil à l’Académie française où bien entendu il fut élu mais n’y vint jamais non plus après sa réception officielle. Cela ne suffisant pas il voulut être nommé cardinal, titre prestigieux pour lequel il fit intervenir le roi d’Angleterre ; après un échec du fait du refus du pape Clément XI, il obtint enfin le chapeau très convoité de la part du pape Innocent XIII mais semble-t-il pour son action diplomatique.

Guillaume Dubois ne devait pas profiter longtemps de ses honneurs. Atteint probablement d’une infection de la vessie qui le fit longtemps souffrir, il mourut ce 10 août 1723 à Versailles où il avait enfin obtenu le poste de premier ministre du roi Louis XV, suprême consécration.

Sa sépulture à la collégiale Saint-Honoré à Paris dont il était chanoine fut profanée comme tant d’autres à la Révolution. Son mausolée fut néanmoins sauvé ; on peut le voir dans l’église Saint Roch à Paris.

Page mise à jour le 04/01/2024 à 14h07

 

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