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L'action municipale de 1914 à 1918

Georges Desjardins fut maire de Cambrai de 1825 à 1932, année de son décès au cours de son second mandat. Pendant l’occupation de 1914-1918, il fut un conseiller municipal particulièrement actif et engagé dans une assemblée très réduite à cause de la mobilisation puis des décès et des départs parmi les membres restants.

Comme beaucoup de Cambrésiens, il écrivit un journal de l’Occupation. Gérard Nortier, en avant-propos de son article La vie de la population civile de Cambrai de 1914 à 1917, publiée dans le tome 111 des Mémoires, donne une liste de journaux personnels de l’Occupation à Cambrai. On peut la consulter sur notre site dans le document journaux personnels cambrésiens 1914-1918.

Le journal de Georges Desjardins offre l’approche d’un élu chargé de responsabilités, ayant côtoyé les acteurs principaux de la vie publique, au fait des données des mesures administratives. Il fut notamment responsable du ravitaillement de Cambrai.

Entre autres, il rend compte des délibérations et des comportements des élus dans le contexte de l’occupation : comment résister le plus possible aux ordres allemands qui conduisaient la ville à la ruine et qui tyrannisaient les individus ? Comment répondre aux chantages, aux menaces de prises d’otages et de déportation ? Comment endiguer les dérives du marché noir, de la fraude, des prix excessifs pratiqués par les commerçants et les maraîchers ? Comment faire face à l’hostilité d’une frange de la population qui refusait de voir les efforts faits en sa faveur, et qui, au contraire, accusait la municipalité des insuffisances dont elle souffrait ?

L’approche de Georges Desjardins est souvent partisane, quelquefois avec chaleur. Dans un conseil municipal dont les séances pouvaient être houleuses jusqu’aux injures, il a représenté le parti de la résistance patriotique inconditionnelle, s’opposant, parfois violemment, au parti de la prudence, de plus en plus majoritaire. Dans son journal, il règle ses comptes avec ses ennemis idéologiques, notamment avec Jonathan Demolon, faisant fonction de maire et leader du parti de la prudence (télécharger le document Jonathan Demolon), et avec Jules Hélot, coupable d’appartenir à la mouvance libérale et cléricale, d’avoir accepté des Allemands le poste de sous-préfet par intérim, et d’être, en tant que président de la chambre de commerce, un rival de la mairie dans l’action pour faire face à la situation de la ville et de la région.

Georges Desjardins, comme il l’écrit à plusieurs reprises, destinait son journal à ses proches. Effectivement, il ne le publia pas.

Ce volumineux journal fit surface en 1984, quand son détenteur d’alors le déposa aux Archives départementales du Nord. Auparavant la Société d’Émulation en avait reçu un jeu de photocopies. Une reproduction est consultable à la médiathèque de Cambrai.

Le tome 111 des Mémoires contient un article présentant, d’après les cahiers de Georges Desjardins, le fonctionnement, les débats, l’action du conseil municipal de Cambrai, ainsi que ses relations avec ses différents interlocuteurs : les Allemands, le comité américain, les autres administrations locales, les notables, la population